Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 09:40

Un court argumentaire pour donner envie de se battre pour le retrait du projet gouvernemental. Ce texte ne parle pas de plein de choses (le partage salaires/profits, les inégalités et les injustices, l'espérance de vie, la pénibilité,...) et il ne répond pas non plus aux contre-vérités du gouvernement. Il pointe seulement quelques raisons de fond de se battre pour le retrait du projet gouvernemental.

On pour le télécharger en format word ici: Pourquoi il faut exiger le retrait du projet gouvernemental Pourquoi il faut exiger le retrait du projet gouvernemental  

        Retraites 

 Pourquoi il faut exiger le retrait du projet gouvernemental

Pour garantir un niveau de vie satisfaisant à tous

Avec les contre-réformes apportées à notre système de retraite depuis plus de 20 ans, la paupérisation des retraités est déjà programmée. Dans 40 ans, la pension moyenne représentera moins de 45% du revenu par habitant, contre plus de 65% au début des années 1980.  Le niveau des pensions retrouvera celui du début des années 1970 : à l’époque, 35% des retraités étaient pauvres.

Pour le gouvernement, ce n’est pas assez. Il faut encore approfondir cette régression en reculant les âges légaux de la retraite de 60 à 62 ans et de 65 ans à 67 ans. Ce qui accentuera encore la précarité des personnes âgées qu’il faudra bien, d’une façon ou d’une autre, prendre en charge, notamment avec un surcoût d’indemnisation du chômage.

Il est pourtant tout à fait possible, non seulement de préserver le niveau de vie de tous, mais aussi de l’élever. Dans 40 ans, la population française aura augmenté de 12% sous l’effet du vieillissement. Pour maintenir le niveau de vie moyen et financer les retraites, il suffit d’une croissance de 0,3% par an. Rien d’impossible, même sans être un productiviste forcené. La croissance annuelle moyenne des 20 dernières années a été supérieure à 2% (2,2% environ) jusqu’à la crise financière de 2008. Dans les scénarios plus pessimistes du COR (Conseil d’orientation des retraites), elle serait d’environ 1,8%, ce qui permettrait d’augmenter le niveau de vie de tous (actifs et retraités) de 35% en 20 ans et de plus de 80% en 40 ans.

Pour travailler tous et vivre mieux

La retraite n’est pas seulement un revenu, c’est aussi un temps libéré qui permet d’organiser son activité en dehors de la subordination salariale et …de vivre plus longtemps. La retraite est une des formes majeures de réduction collective du temps de travail. C’est pourquoi elle possède une grande force émancipatrice.  « Sauvegarder la retraite en travaillant plus », comme le martèle le gouvernement, est un non sens et une véritable supercherie.

Le patronat a toujours été farouchement opposé à toute forme collective de réduction du temps de travail (RTT). Il sait très bien récupérer des hausses de salaire en trompe l’œil, mais il a beaucoup plus de mal à reprendre le temps gagné par les salariés par les RTT collectives (durée hebdomadaire, congés, retraite). Contrairement à ce qu’assène l’idéologie libérale, il ne s’agit pas d’être pour ou contre la RTT. Celle-ci s’étale chaque jour sous nos yeux dans sa version patronale, avec le chômage et le sous-emploi, qui en constituent les formes les plus violentes et inégalitaires et qui ne peuvent que gonfler avec le recul des âges de la retraite.

Avec son projet, le gouvernement veut imposer par un coup de force la volonté patronale. Préserver la retraite et la consolider est une nécessité, non seulement pour donner aux retraités un revenu satisfaisant, mais aussi pour aller vers une organisation collective du temps de travail qui permettrait à tous de travailler et de vivre mieux.

Pour stopper la spéculation financière et rompre avec la dictature des marchés financiers

Chacun le sait bien : le dépérissement de la répartition ne peut que conduire à accroître le poids de la capitalisation dans la prise en charge des vieux jours. Pourtant, les revenus de la propriété représentent déjà une part importante des ressources des retraités : près de 30% aujourd’hui. Pousser encore davantage ceux qui le peuvent à épargner pour la retraite ne peut que nourrir la spéculation financière et accélérer la venue d’une autre crise, probablement encore plus profonde que celle des dernières années. Maintenir et consolider notre système de retraite par répartition, c’est mettre un frein à cette spéculation mortifère.

L’hégémonie de la finance trouve aussi un puissant relais dans les agences de notation censées évaluer la solidité financière des différents pays. Le gouvernement ne s’en cache pas : avec sa réforme, il s’agit de « rassurer » les marchés financiers et de préserver une bonne notation dans ces agences. Un projet de société où les conditions de vie des travailleurs sont soumises aux diktats des marchés financiers n’est pas acceptable.

Pour consolider et élargir le socle des libertés

C’est le leitmotiv du gouvernement : il faut libérer le travail et encourager l’épargne individuelle. Mais ces libertés ont toujours existé ! Tous les salariés peuvent épargner… du moins s’ils en ont les moyens. Quant au travail, il est désormais possible dans le secteur privé de travailler jusqu’à 70 ans sans être mis à la retraite d’office et même, pour les retraités, de cumuler sans limite sa pension avec un revenu d’activité. Le seul problème, c’est qu’il n’y a pas d’emplois pour tous et qu’il s’agit là d’une liberté factice.

La grande nouveauté de la retraite - et de la protection sociale en général - c’est d’avoir ajouté à ces libertés individuelles la liberté collective des salariés de s’organiser pour assurer leur sécurité économique. Le gouvernement veut geler le financement de la retraite socialisée et interdire désormais aux salariés d’être solidaires. Le projet du gouvernement n’accroît pas les libertés, il les étouffe.

 

Pour toutes ces raisons, le retrait du projet de loi est nécessaire. La démocratie ne se résume pas au fait de glisser un bulletin dans une urne tous les cinq ans. Elle vit aussi par l’expression directe des citoyens.

Contrairement à ce que martèle le gouvernement, il n’y a aucune nécessité économique ni démographique à étouffer la retraite par répartition. Il s’agit d’un choix de société fondamental, car la société ne se résume pas à une collection d’individus. Elle se construit par des solidarités collectives.

La bataille des retraites est emblématique de cet enjeu car elle se situe au cœur des questions de partage des revenus et du travail. Dans la crise financière actuelle, consolider le système de retraite, c’est aussi affirmer la supériorité de la démocratie face aux diktats des marchés financiers.

 


Par pierrôt - Publié dans : SERIEUX, S’ABSTENIR
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 12:38

C'était le 29 juin 2010. Quelques heures avant une conférence débat sur les retraites, un entretien sur la télé locale TV Tours. Avec un peu de pub pour le dernier bouquin.

 

 

Par pierrôt - Publié dans : SERIEUX, S’ABSTENIR
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 21:33

Vous ne connaissez pas Russia Today? Moi non plus, au moins jusqu'à hier (1er juillet 2010). C'est une chaîne russe d'information continue (comme on dit aujourd'hui). Dans leurs programmes, ils ont une émission qui s'appelle Cross Talk. Une invitation et on se retrouve à causer devant personne (en face de soi, un écran renvoyant sa propre image...) pendant 30 mn. Robert Fisk y ayant déjà participé, je me suis dit que c'était sans doute pas le plus pire dans le genre. Si vous êtes prêts à supporter mon anglais approximatif, mon accent sarcellois et mes fautes de grammaire, et si vous vous intéressez au "vieillissement de la population" ("Young forever"), let's go!

Voilà la première partie

 

 

 

Et la seconde

 

 

 

So long...

Par pierrôt - Publié dans : SERIEUX, S’ABSTENIR
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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 17:24

 

Pour ceux qui s'intéressent à la question des retraites, le site de La vie des idées vient de mettre en ligne la vidéo d'un entretien qui portait sur les questions suivantes:

L'adresse est la suivante:

http://www.laviedesidees.fr/Une-autre-reforme-des-retraites.html

 

Si vous êtes chagrinés par le probable départ des Bleus de la coupe du monde, il faut avouer que les images sont moins passionnantes que celles d'un match de foot (quoique, parfois, on a des doutes...).

A tous ceux qui avaient acheté une télé en espérant se la voir rembourser si les Bleus gagnaient la finale - comme de nombreuses pubs le proclamaient - je propose ce nouveau slogan publicitaire: "Si l'équipe de France se ramasse à la Coupe du monde, le gouvernement vous rembourse vos retraites". Normal: ça lui apprendra à organiser un pseudo-débat en pleine coupe du monde de football!

 


Par pierrôt
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 09:23

Le dernier film de Delépine et Kervern est un petit bijou, à la fois d'une grande force et d'une immense poésie. Après Louise Michel qui nous entraînait à la poursuite de ces patrons voyous anonymes, les deux compères nous racontent l'histoire d'un homme à la retraite. C'est d'actualité, non? Il y aurait beaucoup à dire et à écrire sur ce film. On ne peut faire moins que de donner un coup de chapeau à Yolande Moreau et Gérard Depardieu, les deux principaux interprètes. L'avant-dernier numéro de Siné-Hebdo (21 avril 2010), dont Delépine et Kervern étaient les rédac'chefs invités, est passionnant. Si vous ne l'avez pas encore, essayez de le dénicher! Ici, on vous livre une lecture du film sous l'angle du travail. Car c'est de cela que parle ce film. Normal. On ne peut pas parler de la retraite sans regarder son envers...


Mammuth : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le travail sans oser…

Envie de tout savoir (ou presque) sur le travail ? Inutile de vous transformer en rat de bibliothèque. Le film de Delépine et Kervern en dit plus long sur le travail que bien des livres. Il suffit de tirer les fils…

Premier fil, celui de la souffrance au travail. Chaque jour, Serge Pilardosse se rend à son boulot, il va à l’abattoir, au propre comme au figuré. A la fin de la journée on le retrouve épuisé, littéralement abattu dans les vestiaires. Lui, Serge Pilardosse, cette force de la nature incarné par Gérard Depardieu, le travail parvient à l’anéantir. Serge est un bon travailleur. « Jamais absent », « jamais malade », « bonnes statistiques ». Normal, Serge est un « damné du travail ».

La souffrance est aussi psychologique. C’est la scène jubilatoire avec le vendeur de supermarché où Serge achète du jambon. Le porc, Serge connaît : c’est dix ans de sa vie à l’abattoir. Remarques subtiles sur la provenance du jambon, sa qualité,…Et bing ! Le vendeur l’envoie paître. « La fierté du travail quand on est payé au Smic ?  Faut pas déconner ! ». Dur de découvrir qu’on a mis tout son amour dans le travail, « comme un con ». Tout aussi difficile de mal faire son travail : même exploité, le travail est une partie de soi. Un travail mal fait renvoie une image dévalorisée de soi. Une pression insoutenable qui fait souffrir de plus en plus de salariés soumis à l’injonction des « bonnes statistiques ».

Second fil, la retraite. Serge découvre qu’il est « sans papiers » (merci Miss Ming): il lui manque des bulletins de salaire. Pas étonnant. Il a trimé toute sa vie dans des boulots (salarié agricole, videur dans une discothèque, café-restaurant, fêtes foraines,...) bien souvent payés au black. Et qui emploient de nombreux travailleurs étrangers, comme ces « sans papiers » aujourd’hui en grève. Serge enfourche sa moto et redevient « Mammuth ». Il terminera sa route en djellaba.  

Mammuth découvre à la retraite qu’il n’y a pas que le travail exploité, aliéné, abrutissant. Il y a aussi le travail pour soi, toutes ces activités domestiques que l’on fait par nécessité mais avec un peu plus de liberté. Faire les courses, par exemple, avec cette scène désopilante où il s’empêtre au milieu des voitures avec son chariot. Et puis la réparation de la porte des toilettes, qui tourne aussi à la catastrophe. Toute une vie à bosser pour des patrons sans avoir l’énergie ou le temps de le faire un peu pour soi. Et puis il y a surtout toutes ces activités autonomes qu’on accomplit librement, sans nécessité, qui ont une fin en elles-mêmes et donnent sens à la vie. Les activités artistiques, les relations avec les autres,…Mammuth choisit l’amour, un amour que la vie lui a volé à l’adolescence : « mon dernier travail…aimer comme une dernière bataille ». L’amour à mort, jusqu’à la mort. Conclusion : faites la grève, mais faites aussi l’amour !

Par pierrôt - Publié dans : LES COPAINS D’ABORD
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