Comment Tom s’est arrêté de fumer

Publié le par pierrôt


Tom est un personnage qui surgit parfois dans ma vie pour donner son avis sur pas mal de choses. Il n’est pas impossible qu’un jour je lui consacre une rubrique, s’il est assez prolixe. Parfois Tom a des réflexions d’intérêt général qui peuvent être utiles. C’est ainsi que Tom s’est, un jour, arrêté de fumer après mûre réflexion. Si vous voulez savoir comment c’est arrivé, en route pour les aventures de Tom!
 
Comment Tom s’est arrêté de fumer
 

Tom se souvenait très bien du jour où il avait décidé d’arrêter de fumer. Sa lecture quotidienne lui avait fourni, ce jour là, une information qui avait fini par emporter sa motivation. La pollution à Pékin avait atteint des sommets et certains scientifiques s’étaient amusés à convertir cette nuisance en équivalents paquets de cigarettes. Entre un et deux paquets par jour : voilà ce que respirait un pékinois moyen. C’était à peu près la consommation de Tom à Paris. « Les Chinois sont décidément bien en avance sur nous, ils ont déjà la gratuité de la cigarette », soupira Tom avec une nuance de lassitude dans les yeux.

Tom éprouvait souvent des moments de lassitude, surtout durant sa lecture quotidienne. Dans ces moments-là, un petit café serré le revigorait et il retrouvait l’énergie nécessaire pour rechercher le côté positif des choses. Car il doit bien y en avoir un, même si la balance est déséquilibrée. Et c’est peut-être dans un de ces recoins perdus où personne ne va jamais s’aventurer que peut surgir l’inattendu. Quelque chose qui pourrait frayer la voie à une vie un peu meilleure… Quand il lisait, Tom se prenait souvent à rêver. C’était d’ailleurs ce qui lui procurait le plus de joie dans la lecture. Avoir une activité tout en continuant de pouvoir rêver : lire était une belle occupation. Tom aurait bien fait métier de lecteur.

Se lançant donc à la recherche de la face cachée des choses, Tom s’efforça d’avoir un jugement plus positif sur l’information du jour. Certes, se dit-il, les Chinois en ont sans doute rajouté une bonne couche en matière de pollution. Mais nous avions entamé le travail depuis longtemps et, de toute façon, la pollution appartient à tout le monde. À Paris, on doit bien en être à un paquet par jour, c’est suffisant pour mon âge. Plus besoin de fumer, conclut Tom. Quand l’envie m’en prendra, je sortirai respirer un grand bol d’air pollué. Après quelques heures de bureau aseptisé, voilà une intoxication qui doit bien vous sonner pendant quelques secondes.

À ce point de son raisonnement, Tom conclut que tout ceci était finalement très cohérent avec la décision récente des autorités de pousser les fumeurs dans la rue, pour respirer la pollution quelques minutes, à intervalles réguliers. Tom décida donc de se conformer à cette nouvelle règle. En négociant bien avec son employeur,il espérait même faire valoir l’intérêt commun de la lutte contre le tabagisme et y gagner quelques minutes de pause. Car la conclusion de cette mesure scientifique de la pollution coulait de source : il fallait absolument sortir périodiquement du bureau, non seulement pour fumer, mais aussi pour s’arrêter de fumer.

S’arrêter de fumer tout en grappillant quelques minutes de pause supplémentaire au nom d'une cause commune : l’idée n’avait pas déplu à Tom. Après tout, les patrons ne se gênaient pas, eux, pour demander des faveurs en faisant valoir « l’intérêt commun ». Eux qui sont toujours à larmoyer pour une aide au nom de l’emploi ou d’autres synonymes supposés d’un intérêt vaguement général. Dans ces discours, les entreprises avaient toujours des fins de mois difficiles. Et pourtant, c’était là le mystère, les patrons se portaient très bien, incontestablement mieux que leurs salariés.  Cette situation intriguait de plus en plus Tom. Mais, à ce moment précis, il fut sorti de sa rêverie par une petite voix chantante…  
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