« Tes poids sont tous faux et pourtant justes ».

Publié le par pierrôt

Cette citation est extraite du livre de Joseph Roth, Les fausses mesures. Elle est suivie d’un court commentaire du « vérificateur suprême ».

« Tes poids sont tous faux et pourtant justes. Nous n’allons pas noter ton nom. Nous tenons tes poids pour bons. Je suis le vérificateur suprême ».

On peut débobiner beaucoup de fils de cette phrase. Par exemple. L’important ce n’est pas l’instrument de mesure, qui est toujours « faux », imparfait dans le monde réel. Notre représentation du monde reste nécessairement inachevée. L’important, donc, c’est de disposer d’une lecture du monde qui soit juste. Qui appréhende à sa juste valeur (précisément) les choses et les ordonne de façon cohérente, qui fasse sens, qui aide à comprendre le chemin parcouru et à dessiner celui qu’il faut prendre pour arriver « à bon port ».

Voilà  une « lecture » possible de cette phrase. Les statisticiens pourraient sans doute utilement la méditer, eux qui font profession de mesurer les choses (et parfois, ce faisant, les êtres). Elle souligne qu’il est inutile de courir après l’illusion d’une « bonne » mesure. L’important, c’est de disposer d’une lecture du monde qui soit la plus juste possible…même si elle est un peu fausse. 

Publié dans QUELQU’UN L’A DIT

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Bénédicte Aubry 27/08/2008 00:20

Le contenant = l'écorce au mieux, l'objet vide à remplir du contenu. Ce dernier est riche de sens. Car il parle de l'être humain, de sa personnalité, de ses qualités qui lui sont particulières et de sa force d'amour. Je parle de l'homme et de son enveloppe charnelle. Savoir le regarder bien au-delà de son apparence. Pour cela pas besoin de mesures, d'évaluateurs, de censeurs.
Bonjour au passage Pierre,
Vous m'avez un beau cadeau cet été dans le cadre de la chaîne : "de soie et de sang" de Qiu Xiaolong. Je suis plongée dans son univers et vous ferait mes commentaires plus tard. La chaîne m'a permis de recevoir un grand nombre de livres dont certains sont des merveilles inconnues de ma part.
Ceci grâce à mon amie Marie-Christine du Luxembourg qui m'a aussi orientée vers votre blog.
A l'occasion, je vous ferai part de mes lectures estivales qui m'ont fait avancer accompagnées de leurs personnages.
C'est bien sympa de rentrer en contact avec vous et à bientôt pour des échanges littéraire peut-être.
Bénédicte Bréhier-Aubry

mon fils approuverait ce concept "pas d'instrument de mesure pour l'enfant à l'école. Il sait qu'il s'en épanouirait que plus mais il est bien obligé de faire "avec" ces matrices réductrices.Le contenant = l'écorce au mieux, l'objet vide à remplir du contenu. Ce dernier est riche de sens. Car il parle de l'être humain, de sa personnalité, de ses qualités qui lui sont particulières et de sa force d'amour. Je parle de l'homme et de son enveloppe charnelle. Savoir le regarder bien au-delà de son chaapparence. Pour cela pas besoin de mesures, d'évaluateurs, de censeurs.
Bonjour au passage Pierre,
Vous m'avez un beau cadeau cet été dans le cadre de la chaîne : "de soie et de sang" de Qiu Xiaolong. Je suis plongée dans son univers et vous ferait mes commentaires plus tard. La bloîne m'a permis de recevoir un grand nombre de livres dont certains sont des merveilles inconnues de ma part.
Ceci grâce à mon amie Marie-Christine du Luxembourg qui m'a aussi orientée vers votre blog.
A l'occasion, je vous ferai part de mes lectures estivales qui m'ont fait avancer accompagnées de leurs personnages.
C'est bien sympa de rentrer en contact avec vous et à bientôt pour des échanges littéraire peut-être.
Bénédicte Bréhier-Aubry

mon fils approuverait ce concept "pas d'instrument de mesure pour l'enfant à l'école. Il sait qu'il s'en épanouirait que plus mais il est bien obligé de faire "avec" ces matrices réductrices.
Me voici bien bavarde,
Avec bien de l'enthousiasme à la lecture de vos billets que je n'aurai pas le temps de terminer ce soir.
Ils sont à la "mesure" d'un homme libre.
A bientôt, peut-être pour d'échanges littéraires. C'est ma plus belle cause! Bénédicte

bazart Joël 25/08/2008 22:45

Il n'y a effectivement jamais eu de vraies mesures.
Une mesure c'est une quantité, une unité et une marge d'erreur définie, ... la plus petite possible...
Ne dit-on pas simplement "deux poids, deux mesures"?
L'important est de mettre tout le monde d'accord sur l'erreur, aussi grosse soit elle ...