« Il faut dire la vérité »

Publié le par pierrôt

« Il faut dire la vérité »... aux Français-allemands-croates-chinois-touaregs-...(rayer la mention inutile). Vous l'avez remarqué, vous aussi. Cette petite sueur froide qui commence à suinter dans le dos quand un homme politique débute sa phrase par ces quelques petits mots. Style « moi, j'ai le courage de le dire. » Dans le genre, Sarkozy en fait des tonnes. Il en fait tellement trop qu'il n'est plus crédible. C'est son problème. Il nous reste la petite sueur froide. Putain, qu'est-ce qui va encore nous tomber sur la gueule !

Car  quand un homme de pouvoir commence sa phrase en annonçant qu'il faut « dire la vérité », c'est toujours pour annoncer des mauvaises nouvelles. Enfin des mauvaises nouvelles pour les pauvres, et ceux qui ne peuvent vivre qu'en bossant, les travailleurs. Comme aujourd'hui c'est pareil, on peut faire raccourci et dire pauvres, tout simplement. A ceux-là,  donc, on leur dit : « il va y avoir plus de chômage ». Ou : « avec la crise, le pouvoir d'achat va en prendre un coup ». Déjà qu'ils ont du mal à joindre les deux bouts.

Remarquez, c'est pas des mauvaises nouvelles pour les patrons qui, avec encore davantage de chômage, vont pouvoir mettre un petit coup de pression en plus sur leurs salariés pour leur faire suer le burnous. La règle d'or : surtout, ne pas inquiéter les patrons. C'est fragile un patron. Ça s'effarouche, ça prend la mouche. Ça peut nous faire un caprice de délocalisation. Faut faire attention avec les patrons...

A trop entendre la vérité, un esprit mal élevé pourrait en conclure que quand le même  nous promet la lune, en campagne électorale, il ment, forcément. Il ne dit pas la vérité. Puisque la vérité c'est TOUJOURS désagréable à entendre. On revient à la vérité du jour.

Que nous dit « l'idiot en colère » (Sha Keqi, comme le surnomment les Chinois). La crise, c'est une histoire de voyous. Il faut moraliser le capitalisme. Eh, oh, tu nous prends pour des billes ou quoi ? Tout le monde annonçait que cette crise allait nous tomber sur le coin de la figure et toi, président, tu fais semblant de la découvrir, comme si c'était une catastrophe naturelle ? Une sorte de braquage de banque qu'aurait mal tourné pour les pauvres ? Ben voyons ! En substance, Sha KeQi nous dit en effet: « Voyez-vous, il y a toujours eu des voyous. Cette fois-ci, l'Etat ne se laissera pas faire car l'Etat c'est vous. Je ne parle plus de racaille ni de karcher (marque déposée etc.).  Car on me l'a trop souvent reproché. Mais promis, craché, juré : ça ne se reproduira plus. On va moraliser. Vous pouvez compter sur moi ».

Dis-donc toto, où c'est que tu l'as apprise l'histoire ? Avec Darcos ? C'est sûr, ça doit être craignos. Un mec qui ne sait même pas faire une règle de trois. Car la crise d'aujourd'hui, figure-toi, c'est tout comme pareil celle de 29 (1929). Y'a qu'à ouvrir un manuel pour le comprendre. Mais, évidemment, ton pouvoir ne tient que par la peur. Alors il faut faire peur. Il faut « dire la vérité », c'est-à-dire effrayer, inquiéter, insinuer, déstabiliser. Bref, il faut emmerder le peuple. Il vaut mieux faire peur, c'est sur. La peur est mauvaise conseillère. C'est tout bon pour les amis de Seillière. On peut faire passer n'importe quoi dans un moment de peur ou de panique. Y'a qu'à voir l'histoire des tours et de la guerre en Irak. Apathie, le fidèle larbin de Sha KeQi, l'a bien compris. La crise financière, Apathie nous la joue catastrophe terroriste. Un « 11 septembre économique ». Rien que ça ! Ach, la peur, la grosse bête immonde. Oui, vraiment : immonde.


Publié dans QUELQU’UN L’A DIT

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