ON S'ARRETE, ON REFLECHIT, ON RECOMMENCE...

Publié le par pierrôt

Publié dans Siné Hebdo, n°6, 15 octobre 2008 (version légèrement revue)

ON S'ARRETE, ON REFLECHIT, ON RECOMMENCE...

pierre concialdi


Quand les cours de bourse flambaient, les salariés voyaient voltiger les milliards sans palper un fifrelin. Logique : c'est parce qu'ils se serraient la ceinture que les profits s'envolaient. Aujourd'hui que les bourses plongent, l'Etat libéral veut sauver la mise des spéculateurs en faisant cracher les salariés contribuables au bassinet. Là il faut dire stop. S'il faut prendre de l'argent quelque part, c'est là où il est allé s'amasser depuis plus de vingt ans. En 2007, le nombre de millionnaires en dollars a dépassé les dix millions sur notre planète. Ces nababs possèdent plus de 40 000 milliards de dollars, soit 3,3 fois plus (en monnaie constante) qu'il y a vingt ans.

Avec une petite partie de cette fortune, on pourrait faire plein de choses. « Sauver » les banques ? Tu parles d'une conquête pour l'humanité. Il faudrait surtout remettre entre les mains de l'Etat (et non du marché) des outils de financement de l'économie. L'argent n'est pas une marchandise. Et puis, dans la foulée, puisque la machine semble bientôt s'arrêter, autant en profiter. Inutile de chercher à la relancer à toute berzingue dans une nouvelle course mortifère au profit.

Donc machine arrêtée : c'est fait ou sur le point de. Ensuite réfléchir et agir. Réfléchir à un mode de vie qui ne soit plus boulimique ni dévastateur pour l'environnement. Agir aussi sur les causes de la crise, à savoir l'explosion des inégalités. L'économie c'est pas très compliqué. Si les salariés produisent de plus en plus avec de moins en moins de thune pour consommer, l'économie finit par ne plus tourner très rond. C'est ce qui s'est passé depuis trente ans.

Aujourd'hui, l'humanité n'a probablement jamais été aussi riche, collectivement s'entend. Le problème est que cette richesse est de plus en plus concentrée entre quelques mains. John Suart Mill, un économiste très bien élevé, l'écrivait déjà en 1847 : « C'est seulement dans les pays retardés du monde que l'accroissement de la production est un objectif important : dans les plus avancés, ce dont on a besoin sur le plan économique est une meilleure distribution ». Il serait temps de s'y mettre sérieusement.

Le texte au format word:  SINECO6.doc SINECO6.doc  


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