SH N°10 - A bas les tributs, vive l'impôt!

Publié le par pierrôt

Si on se réfère à l’Histoire de France, les pauvres ne sont pas censés payer...

Une récente étude de l’Insee le confirme : en 2007, la baisse de l’impôt sur le revenu a essentiellement profité aux 10% de ménages les plus riches. Et encore, ce calcul ne tient pas compte du bouclier fiscal qui plafonne les impôts à 50% des revenus et bénéficie aux ultra-riches. Sarkozy a aussi multiplié les taxes à la consommation, lesplus régressives : taxes sur les ordinateurs, les clés USB, les poissons… Bientôt le retour de la gabelle ? L’impôt à la Sarkozy ades relents d’Ancien Régime. Petit détour par l’histoire.

Au XVIIIe siècle, les révoltes fiscales paysannes se sont multipliées. À l’époque, les enfants des paysans n’allaient pas à l’école et les taxes ne finançaient pas l’école publique. L’impôt était prélevé sur les pauvres pour aller aux riches (et aussi aux curés). Se priver du nécessaire pour voir les riches se goberger, à la longue ça énerve, forcément.

Révolution de 1789 et plein de beaux principes: on est tous égaux, la vie en société entraîne des dépenses communes et chacun doit y contribuer selon ses facultés. Certains disaient déjà que l’impôt devait frapper le superflu et non le nécessaire. Autrement dit, les pauvres n’avaient pas à payer l’impôt : c’était l’idée de l’impôt progressif. Pourtant, il a fallu attendre plus d’un siècle pour que cette idée voie le jour en 1914.

L’impôt moderne est donc très différent du tribut féodal : il est progressif (les riches payent plus, en proportion de leurs revenus, que les pauvres) et il sert à financer des dépenses utiles à l’ensemble de la communauté.

Avec la contre-révolution conservatrice de ces trente dernières années, ces deux caractéristiques disparaissent. On allège l’impôt des riches et on finance de moins en moins les services publics. Bref, les pauvres payent de plus en plus pour des dépenses dont ils voient de moins en moins la couleur. Ça rappelle de mauvais souvenirs. A la longue, j’en connais qui vont s’échauffer, comme dit mon fiston.

Pierre Concialdi

 

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